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Eglise Saint Etienne-Saint Vincent

L’église saint Étienne saint Vincent d’Estagel

Dans les pages suivantes, nous allons visiter l’église et détailler les points intéressants, classés ou non. Pour les descriptions, j’utilise plusieurs sources : l’inventaire de la D.R.A.C. (disponible aux archives départementale ou à la mairie d’Estagel), un dépliant d’une exposition à Ille-sur-Têt, les connaissances de Mr André Torreilles et le savoir des anciens.

premiere-pierre-1319

L’année de Dieu 1319, à *18 jours des calendes de mai, fut commencée l’église Saint Etienne d’Estagel. En étaient les marguillers Bernard Pages, Bernard Rase…re. (un caractère indéchiffrable)

Il reste probablement de cette église la cuve baptismale datée du 14ème siècle actuellement posée sur une pierre de moulin.

baptistere

Construction de 3 retables.

Les archives nous apprennent la construction de 3 retables, à des époques différentes.
Le premier en 1583 nous indique que c’est le retable du Maître autel, faut il en conclure que c’est le retable d’après la destruction de 1542 ?
Le second en 1632 nous dit seulement le nom de l’artiste peintre et le prix du travail.
Le troisième pose un problème, lequel est-ce ? (sans doute celui du maître Autel) : le commanditaire est l’ancien abbé de la Grasse, à cette époque il est ministre d’état garde des sceaux et archevêque de Bordeaux, nous sommes en 1790 et le retable est achevé en juillet 1791 peu après Varennes.

En 1587,

un contrat est conclu au nom de l’Université de la ville d’Estagel entre ses trois Consuls, Pierre Andreu, Antoine Mateu et Pierre Bala avec le peintre de Perpignan Joseph Brell pour la peinture du retable majeur de l’église consacrée à Saint Etienne et Saint Vincent. Il est prévu que l’artiste peindra en haut du retable, à droite l’histoire de Saint Etienne et à gauche l’histoire de Saint Vincent et en bas du retable des scènes de la passion du Christ. Il s’engage à dorer à l’or fin les corniches et moulures du retable. (A.D.P.O. G783)

En 1632

le 29 septembre, un contrat est conclu entre les sieurs Antoine Bisba, François Calvet, Mathieu Muixe, consuls de l’année de l’université et ville d’Estagel et maître François Serra, Fuster (menuisier) de Perpignan pour la confection d’un retable destiné à l’autel du Saint Nom de Jésus de l’église d’Estagel. Il comprend trois niches (à Saint), l’ouvrage devra être terminé pour le mois de mai de l’année suivante. Le prix à payer à Maître François Serra est de 400 livres en monnaie de Perpignan. Il sera payé en trois tranches, à la commande, la seconde en février et la troisième à l’achèvement de l’ouvrage. (A.D.P.O. G783)

RETABLE DU MAÎTRE AUTEL -1790 1791

Le 20 avril de l’an 1790 dans la maison de ville d’Estagel a été assemblé le conseil général de la commune composé tant des membres du corps municipal que des notables, convoqués en la forme ordinaire par l’administration municipale qui la juge convenable vue l’importance de l’objet. Conformément à l’article 54 du décret de l’assemblée nationale sur la constitution des municipalités, auquel dit conseil ont assisté les sieurs : François Arago Maire, Raymond Batlle, Etienne Triquera, Raphaël Morat, François Vigo, Gaudérique Garrigo officiers municipaux ; Joseph Triquera procureur de la commune, Pierre Antoine Comalade, Bre Moner, Michel Bergue, Louis Averos, Joseph Lloubet Pratx, Augustin Averos, Crepin Llimosi, Donat Jambert, Michel Ville, Augustin Aymerich, Joseph Henrich, François Triquera ……., tous notables de dite ville auquel le sieur Arago Maire a exposé ce qui suit : il nous a été présenté Messieurs de la part de Mr. Mangin procureur constitué de Mgr. L’Archevêque de Bordeaux par Mr. Vialar chanoine de la Réal et Mr. Margouet ingénieur, tous deux experts nommés par Mgr. L’archevêque pour la vérification des réparations à faire dans les dépendances de l’Abbaÿe de la Grâce dont le dit Archevêque a été ci-devant titulaire. Vu effet dont suit la teneur :

Partout Juillet prochain, comme procureur fondé de Mgr. L’Archevêque de Bordeaux, ministre d’état, garde des sceaux de France, ci-devant abbé commendataire de l’Abbaÿe de la Grasse et en cette qualité grevé de reconstruire le retable de l’église d’Estagel dépendante de la dite Abbaÿe, je payeray, au palais Archiépiscopale de Bordeaux a M.M. les officiers municipaux du dit Estagel, ou ordre// deux milles quarante livres pour prix de la reconstruction du dit retable que les officiers municipaux se chargent moyennant la dite somme de faire reconstruire, déclarant le dit Seigneur Archevêque bien se valablement déchargé de la dite reconstruction sur la marguillerie et a cet égard de le rendre exempt de toutes recherches et indemne de tous autres frais luy ses héritiers et même les économats. Lesquelles sommes et conditions ils ont ainsi accepté ainsi qu’en fait foÿ leur signature.
Bordeaux le 17 mars 1790. Mangin Chanoine.
J’accepte aux clauses et conditions insérées dans le présent effet de payer la somme de deux milles quarante livres. A Perpignan le 18 avril 1790. Castello Thomas

La matière mise en délibération nous avons accepté et acceptons le dit effet accepté par le Sieur Castello Thomas de 2040 livres aux conditions exprimées au dit effet et avons fait signer à la présente délibération les sieurs Vialar, Margouet ingénieur. Fait en conseil tenant séjour au que dessus.

L’an 1790 19 septembre, dans la maison commune a été assemblé le conseil général de la commune, y ont assisté : liste…….
Le sieur Arago Maire a dit Messieurs je dois vous faire part que le sieur Castello Thomas habitant à Rivesaltes chargé d’une lettre de change de la somme de 2040 livres payables à la Bte pour compte de Mgr. De Siré Archevêque de Bordeaux ; a remis a la municipalité 1070 livres en déduction du total de la somme de 2040 livres ci-dessus. Et pour le payement de la somme restante il a fourni à la municipalité autre obligation de 1000 livres payables le 15 septembre prochain, en conséquence la municipalité en vous présentant la dite somme remise vous propose Messieurs de délibérer entre les mains de qui vous souhaitez qu’elle soit remise jusqu’au temps qu’elle sera comptée à l’entrepreneur.
La proposition qui a été délibérée à la pluralité des suffrages que la somme ci-dessus mentionnée soit déposée entre les mains du sieur Raphaël Morat qui s’en est chargé pour en faire la remise à l’époque qu’elle sera exigible par l’entrepreneur du maître autel. Fait dans la maison commune les ans et jours que ci-dessus.
Signatures :

Le 30 juillet 1791, dans la Camarerie lieu ordinaire des séances de la municipalité. En conséquence de l’obligation passée entre le conseil général de la commune et le sieur Xauvenet entrepreneur du retable de l’église paroissiale de St Etienne et St Vincent, et celui-ci ayant proposé a la municipalité qu’il était dans la disposition de faire recevoir son ouvrage qu’il croyait fini. Pour se conformer à la disposition de la dite obligation en date du 17 juillet 1790 a été assemblé le conseil général de la commune à l’effet de faire recevoir le dit ouvrage, soit par la voye de l’expertage, soit par tout autre moyen qu’il avisera. Les membres composant le bureau de la marguillerie majeure ayant été adjoints à ceux de la commune soussignée ont déclaré qu’il serait nommé un expert pour leurs intérêts respectifs en conséquence le sieur Michel Grill a été nommé par tous les membres de l’assemblée tant par ceux du bureau que du dit conseil réunis à la réserve du sieur Bonaventure Gonzalve qui a nommé le sieur Jantou de Perpignan architecte. Ayant appelé le sieur Grill pour savoir de lui s’il voulait accepter sa nomination, a déclaré s’en charger avec plaisir et de faire son rapport à la suite de ses opérations. Le sieur Xauvenet a déclaré qu’il ne voulait point nommer aucun commissaire s’en rapportant pour ce qui le _________ à celui nommé par le conseil et le bureau réunis. Dans le fait que l’ouvrage soit reçu par le dit expert il sera payé de suite au dit Xauvenet le dernier payement montant à la somme de 1000 livres, ensemble 2100 qu’il a déjà reçu font ensemble 3100 livres qui font le total du prix pour lequel le dit Xauvenet entreprit de faire le dit retable, à cette somme n’a pas été comprise celle de 206 livres que la marguillerie a payé au dit Xauvenet pour raison du tabernacle et les portes de la sacristie qu’il a fait à neuf objets qui n’étaient pas compris dans le plan d’exécution. Fait en assemblée……….

Ce Jourd’hui 30 juillet 1791 après avoir été nommé, par le conseil général de la commune et le bureau de la marguillerie majeure réunis, commissaire a l’effet de recevoir les ouvrages du retable fait par le sieur Chauvenet marbrier de Narbonne entrepreneur, d’après un plan d’exécution qui m’a été remis ensemble d’autres obligations séparées du dit plan dont il était pareillement tenu d’exécuter, et m’étant transporté sur les lieux à cet effet déclare avoir trouvé que l’exécution du dit plan était beaucoup au dessus de ses obligations eu égard aux changements qu’il a exécutés à l’avantage du retable. Selon les désirs des Ms. Du bureau de la marguillerie qui ont voulu disputer le sieur Chauvenet de le conformer strictement à l’exécution du dit plan.
Grill commissaire

(A.D.P.O. 59 EDT 69)

(Un certain Chauvenet sculpteur a réalisé le portail de l’église d’Ille sur Têt, peu de temps avant, quel rapport ?)
Raymond Pla curé d’Estagel d’avant 1815 jusque vers 1833, commence à modifier l’église, il crée le Camaril. A ce sujet nous avons retrouvé des lettres de Boher peintre et sculpteur avec l’abbé Pla au sujet de ce Camaril, à la fin de 1815 une discussion et des explications de Boher à l’abbé Pla pour la confection du Camaril et des enduits lui permettant de peindre l’intérieur de ce Camaril, il indique aussi « qu’il est flatté, même s’il aurait pu la réaliser lui-même, de peindre l’écrin pour installer l’œuvre d’un si grand artiste Espagnol, dont il se dit ami » serait-ce le célèbre Gorry de Barcelone dont il fut l’élève (biographie de l’abbé Capeille) et archives diocésaines.Les dernières modifications de l’église sont réalisées entre 1860 et 1868 : réfection de la toiture, réalisation de la voûte , alignement des chapelles côté est, création des rosaces côté ouest, ouverture de la porte par la tour du clocher, peintures du chœur par Jacques Pauthe.