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Le nom Arago

Les bateaux nommés Arago

Aux États-Unis

Trois Bateaux ont été nommés ARAGO aux États-Unis

Le premier une goélette à voile servant à des études topographiques

Le deuxième est un navire à vapeur qui opérait sur le Mississippi. Il devint célèbre grâce à Samuel Clémens (Mark Twain) qui travailla à son bord du 28 juillet au 3 août 1860.
Ci-dessous :

Steamboat: Arago
Construit: 1860
Tonnage: 268
Clemens Service: 28July – 31 August 1860 Juillet – 31 août 1860
Co-Pilot: Isaiah W. « Bill » Hood
[identification de "Bill" Hood a été faite par le chercheur Michael Marleau, Nov. 2006]
Capitaine: George P. Sloan
Sort: brûlé dans Dog Tooth Bend, près de commerce, MO sur 6 février 1865.

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Clemens’ Commentaires: mémorandums du pilote : Le navire à vapeur ARAGO gauche Nouvelle-Orléans, le mercredi 22 août à 3 heures. . .  » Les agents de la Nouvelle-Orléans a informé les pilotes de ce bateau que « ils ont considéré le fait que les frets ne sont pas si pourri de propriété, comme bien établi. » Amen!

Missouri républicain, le 30 août 1860; réimprimé dans la petite Contes et Sketches, Vol.11

Le troisième est un steamer qui à fait quelques traversées de l’atlantique, il a été utilisé 3 fois au cours de la guerre civile à des fins militaires, en 1862, 1863, 1865. Il a ensuite été vendu au gouvernement Péruvien.

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Ci-dessous quelques anecdotes le concernant.

Mutinerie sur L’arago et L’Illinois.

Le 8 mars 1862, le cuirassé confédéré Le Merrimack attaque Le Cumberland et le coule, il brute Le Congres et met à mal Le Minnesota qui s’échoue. La panique s’empare du Nord et s’attend à voir le bateau rebelle à Washington, New-York ou Boston et ainsi soumettre l’Union. Même si le cuirassé de l’Union Le Monitor combat Le Merrimack et le retarde le jour suivant, on réalise qu’il faut très vite agir pour détruire Le Merrimack.

Pourquoi donc faire appel à des bateaux dont la plupart des équipages , ainsi que les capitaines étaient civils pour combattre Le Merrimack »?

Le gouvernement confie plusieurs missions à des bateaux civils durant la guerre. Les missions sont variées : Transporter des troupes ou des approvisionnements derrière les troupes est un travail sans risques, et est payé 1200 Dollars par jour. Les services effectués sur le front s’élèvent à 3000 Dollars PAR JOUR .

Plusieurs bateaux sont concernés pour couler Le Merrimack : L’Illinois, L’Arago et L’Ericsson. L’Arago et L’Illinois sont payés 1300 Dollars pour le pourchasser et le couler.

Le propriétaire de L’Illlinois est M.Marshall Roberts. Le bateau est commandé par le capitaine civil, le capitaine Barton.

Les capitaines reçoivent les ordres de l’officier L.M.Goldsborough .

Lorsque l’équipage de L’Illinois est informé de sa mission, la plupart refuse d’obéir sauf 5 d’entre eux. Ils avaient tous signé avant d’embarquer pour transporter des marchandises, et non pour couler un navire. Goldsborough pense alors qu’il est nécessaire d’envoyer un officier à bord pour rétablir l’ordre. Il envoie le capitaine de frégate C.H.Poor. Malheureusement pour l’officier Goldsborough, les ennuis continuent avec la mutinerie à bord de L’Arago pour les mêmes raisons. Lui qui, la veille, flattait encore le bon comportement sur L’Arago. Seul le capitaine du vapeur reste fidèle aux ordres.

Le problème est réglé sur ces bateaux avec l’envoi de marins militaires. Parmi ces marins, on trouve des esclaves en fuite. Constance Brooks dans son livre « Les marins de la guerre civile » cite un certain Williams , et certainement ce qui devaient être 4 frères appelés « Les Brooks » qui étaient à bord de L’Arago avec 9 autres esclaves en fuite , originaires de Virginie. Leur travail consistait à nourrir le vapeur de charbon pour le faire avancer.

Finalement, tous les efforts pour couler le Merrimack furent vains. En effet, Goldsborough réussit au bout d’un mois à rassembler les bateaux et leurs équipages, mais, à défaut de couler Le Merrimack, ils ne font que dissuader celui-ci de faire une nouvelle sortie. Ils n’auront jamais l’occasion de le couler.

23 juillet 1863 – Marine Commandant Colonel John Harris informe le secrétaire de la Marine Welles qu’il pouvait rassembler un bataillon de 400 Marines américains à partir de différentes stations, dont il a envisagé étant divisée en 4 sociétés, chacune avec un capitaine et 2 lieutenants. Le bataillon a été destiné à être rassemblé à New York, le commandant  espère qu’ils seront prêts à naviguer à bord du US Coast Survey Schooner Arago  le dernier jour de Juillet.

28 juillet 1863 – secrétaire de la Marine Welles Adm Dahlgren informé que l’USS Aries avait quitté Boston avec 200 hommes et à son retour de Charleston serait de 200 autres marins de New York à lui. Il a ajouté: « Un bataillon de Marines, à environ 400 en nombre, vont quitter New York sur le steamer Arago le vendredi prochain. »

L’Accident du bateau à vapeur l’Arago

Nous remercions le capitaine W.L.Mervy de nous avoir fourni les détails de l’accident survenu à L’Arago qui relie Aspinwall à New-York.

« Nous avons levé l’ancre à Apinwall le 20 janvier à 22 heures, avec à bord 350 passagers et un chargement de 3400 tonneaux de farine et 25 balles de caoutchouc d’Inde. Nous avons eu beau temps jusqu’à la Jamaïque , quand, le 22, un des moteurs a éclaté. Nous avons alors continué à naviguer avec seulement le deuxième moteur. Le beau temps nous a permis de longer la côte et d’atteindre Tybes le 29 à 17 heures. Mais, le jeudi, un vent violent nous a empêché de communiquer avec la ville.

Nous embarquerons 50 tonnes de charbon et quelques provisions.Nous comptons bien partir pour New-York demain. Pour cela, nous attendons les ordres de la Compagnie des bateaux à vapeur d’Amérique Du Nord. On risque de nous donner l’ordre d’attendre l’arrivée d’un autre convoi . 80 passagers environ débarqueront à Savannah, 12 embarqueront sur Le General Barnes, et le restant restera à bord.

Le New-York Times . Le 9 FEVRIER 1868.

Nouvelles d’europe

Arrivée de L’Arago.

Le bateau à vapeur américain L’Arago transportant du courrier est arrivé au port hier soir sous le commandement du capitaine Limes. Il avait levé l’ancre du Havre le 29 et de Southampton le 30 mai. L’Arago nous apporte des papiers et de la correspondance.

Parmi les passagers, nous notons la présence de M. John Bigelow du New-York E vening Post, du capitaine WM.D.Smith de l’armée des Etats-Unis, du docteur Thos.Evans de Paris, du marqius PIO Del Buffalo de Rome ainsi que plusieurs autres familles américaines connues.

New-York Times. 12 juin 1860.

Le cas d’extradition

Samedi matin, le shérif adjoint De Angelis embarqua pour le Havre à bord de L’Arago ayant sous sa garde Nicholas Sucillon reconnu coupable de contrefaçon par Louis Napoléon. En effet, il a illégalement gagné de l’argent à Besançon, en France, prétendant qu’il avait vendu du cuir aux bottiers de régiment des cuirassiers pour la fabrication de leurs bottes-Le régiment était en route pour Sébastopol.

Lorenzo De Angelis. 17 Novembre 1855.

J’ai bien reçu le condamné N. Sucillon envoyé par MR.Abraham T.Hillyre, shérif des Etats-Unis du district Sud de New-York. Le condamné embarquera à bord de L’Arago pour le Havre, et sera livré aux mains de la justice française conformément aux instructions du Consul Général De France.

L’officier D.Angelis et le prisonnier embarquèrent pour l’Europe sur le vapeur L’Arago le samedi.

En France

Sous-marin de haute mer (1913 – 1921)

sous-marin-aragoLe 1er bâtiment ayant porté le nom d’ARAGO fut un sous-marin, commandé en 1906, admis au service actif en 1913. Il eut pour mission principale le blocus de l’Adriatique dès le début de la 1ère guerre mondiale.Il fut désarmé en 1921.

Un sous-marin de haute mer type Brumaire (1913 – 1921), douzième bâtiment d’une série de quinze (Arago, Bernoulli, Brumaire, Coulomb, Curie, Euler, Faraday, Foucault, Franklin, Frimaire, Joule, Le Verrier, Montgolfier, Newton, Nivôse, Volta).

Ordonnée le 29 octobre 1906 (n°Q 086), la construction de l’Arago commence à Toulon le 18 janvier 1909. Il est mis à flot le 29 juin 1912, et armé pour la première fois le 28 juin 1912. Il entre en service le 28 juin 1913.

Il ne reste pas longtemps basé à Toulon, puisqu’il rallie Bizerte, au début de la première guerre mondiale. C’est de là qu’il va effectuer plusieurs patrouilles en mer Tyrrhénienne au large des bouches de Cattaro, pour participer au blocus de la flotte austro-hongroise.

Après une carrière exclusivement méditerranéenne, le sous-marin Arago est condamné le 27 octobre 1920. Mais sa carrière n’en sera pas finie pour autant. Il sera toutefois réutilisé, dans un premier temps à partir d’octobre 1921 comme porte-flottante de la darse des pétroliers, puis à partir de janvier 1930, comme flotteur pour la fermeture de la darse du parc à mazout.

Le 25 juin 1931, la coque de l’ex-Arago est vendu pour démolition à Toulon, à la Société de Matériel Naval du Midi, pour 56 387 francs.

(Caractéristiques : 398 t ; 840 cv ; 52,15 x 5,42 m ; 551t.pl ; 2 moteurs électriques 330cv ; 2 diesel 420cv ; III.TLT(450) + IV.TLT(450 Drzewiecki) + I.47 ; Symb. de coque : AR).

Câblier de 900 tonneaux (1939)

Le second bâtiment est bien un câblier de 900 tonneaux affrété par les P&t. On trouve sa trace aux archives de la marine à Vincennes dans un maigre dossier sous la cote TTY 776.  Quelques feuillets seulement, qui prouvent son existence du 09/1939 au 12/1942,mais qui ne disent rien après. Le câblier est commandé en 1939 par le LT de vaisseau Fanau, équipage d’une cinquantaine d’hommes, plus une vingtaine de  » passagers ». Le 4 novembre 1939,  son commandant envoie une lettre au capitaine de Corvette Gauthier, chef d’EM Marine A.O.F pour lui faire part de ses remarques concernant le navire.

Croiseur auxiliaire (1939 – 1940)

croiseur-arago-internetLe troisième est un croiseur auxiliaire (1939 – 1940), construit par Goole Shipbuilding & Repairing Co Ltd à Goole (Grande-Bretagne), et lancé le 7 août 1913. Il est armé par la Eastern Telégraph (Londres) et mis en service, en janvier 1914, sous le nom de Transmitter. Racheté par le ministère français des P.T.T en 1931, il prend alors le nom d’Arago, et il a pour port d’attache Dakar. Le bâtiment est réquisitionné et armé de septembre 1939 à août 1940, sous le matricule X82. Dans un courrier de 1939, son commandant, le lieutenant de vaisseau Fanau, se plaint de l’état du navire (alourdi par les canons et autre chaudière poussive)… Au cours de la nuit du 11 au 12 juin 1940, lors de l’opération « Cabo », avec la 11ème division de torpilleurs en protection (CC Pellegrin : torpilleurs Palme, Mars et Tempête), l’Arago va détruire le câble sous marin reliant Rome à Barcelone.

A la fin de sa période de réquisition, l’Arago ne sera pas rendu aux P.T.T., puisque la marine nationale s’en sert comme navire de sauvetage jusqu’en 1946.

(Caractéristiques : 63,50 x 9,70 x 4,78 m ; déplacement : 901 tjb (388 tjn) ; propulsion : 1 machine triple expansion Richardson,Wesgarth & co ; 163 hp ; vitesse max : 11 nd).

Destroyer d’escorte (1944 – 1976)

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Destroyer Arago de retour à Toulon le 24 mars 1946.

Le quatrième est un destroyer d’escorte (1944 – 1976) DE-111, construit pour le compte de la France sous le nom de Somali, et mis en chantier à la Dravo Corporation (Wilmington, USA) le 23 octobre 1943. Il est mis à flot le 12 février 1944. Le 9 avril de la même année, il est transféré à la Marine française aux USA. Son début de carrière sera marqué par sa participation au débarquement de Provence (août 1944), et diverses escortes de convois de la 8e Armée en Méditerranée (1944-45). A l’issue de la seconde guerre mondiale, le Somali fait un séjour en Extrême-Orient, basé à Saïgon à partir d’octobre 1945. Engagé dans les opérations en Indochine, il participe en décembre au « nettoyage» dans les régions de Nhabe, Soirap, Vaïco et Bing Trung, puis à la surveillance de la baie d’Along jusqu’en janvier 1946, et enfin à l’opération Gaur au Sud Annam. Le Somali est de retour à Toulon le 24 mars 1946.

Une seconde carrière s’offre alors à lui comme bâtiment d’expérimentations (notamment anti-sous-marines en 1964). En 1967, la « Côte Française des Somalis » prend le nom de « Territoire des Afars et des Issas ». Il faut donc accompagner ce changement de nom. Pourquoi ne pas prendre celui d’Arago, distingué savant ? Le bâtiment avait déjà servi à de multiples expérimentations depuis de nombreuses années.

Le 1er avril 1968, le Somali est donc renommé Arago. C’est sous, ce nom qu’il terminera sa carrière.

En 1970, les marins  de l’Arago, sont venus à Estagel pour honorer François Arago et les habitants d’Estagel se sont rendus sur le bateau.

Restitué « administrativement » aux USA le 31 août 1972, il n’en restera pas moins en France, puisqu’il sera coulé comme but de tir en Méditerranée.

(Caractéristiques : 1250 t ; 6000 cv ; 93 x 11,17 x 3,25 m ; 4 diesels GM ; 2 hélices ; 21 nds ; 186 h ; III.76 + VI.40 + X.20 + VIII.mortiers. + I.Hérisson + II.grenadeurs ; Symb. de coque : 1944 : T53, 1946 : T23, 1948 : F03, 1951 : F703 ; 1956 : A607).

Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2009. Remerciements Jean Bressolles, Jean-Michel de Bennetot.

Pour en savoir plus : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre de Colbert à nos jours.

Patrouilleur et bâtiment hydrographique (1989)

patrouilleur-aragoLe Cinquième est un patrouilleur, ex bâtiment hydrographique, est le quatrième bâtiment à avoir porté le nom du célèbre scientifique François Arago.

Mis sur cale le 26 juin 1989 à l’arsenal de Lorient, mis à flot le 6 septembre 1990, l’Arago est le quatrième et dernier bâtiment hydrographique du type Lapérouse.

Après une traversée de longue durée du 19 avril au 5 juin 1991, il est admis au service actif le 9 juillet 1991

Le même jour il quitte la Métropole pour rallier la Polynésie française qu’il atteint le 1er octobre 1991. A cette date, il est affecté à la Mission océanographique du Pacifique. Basé à Papeete, il a pour mission principale la réalisation de levés bathymétriques et hydrographiques, par la mise en oeuvre de capteurs et senseurs divers jusqu’à 1500 mètres de fond, au profit principalement du SHOM (Service Océanographique et Hydrographique de la Marine).

En avril 2002, l’Arago quitte définitivement la Polynésie, pour une seconde vie à Toulon comme patrouilleur de service public, avec un équipage réduit.

Sa coque est repeinte en gris, avec marquage AEM, et il prend le numéro P675 à la place du A795. Les équipements et vedettes hydrographiques sont débarqués.

En Méditerranée, sa carrière est rythmé par l’action de l’Etat en mer : lutte antipollution, police des pêches, sauvetage de naufragés, soutien aux manifestations nautiques…

Mais les temps forts restent les opérations de lutte contre l’immigration illégale. L’équipage de l’Arago y découvre la détresse de ces hommes et femmes que le désespoir et la pauvreté poussent sur les routes maritimes dans des embarcations de fortune. En septembre 2008, l’Arago a ainsi porté secours à 300 personnes embarquées à bord d’un petit bateau de pêche.

L’Arago est parrainé par l’île de Nuku-Hiva depuis le 14 septembre 1993, et par la ville de Cannes depuis le 20 novembre 2004.