Histoire

Les eaux d’Estagel : « le canal d’arrosage » système d’irrigation gravitaire

Analyse des titres documents et autorités concernant les droits des tenanciers arrosant d’Estagel, Rivesaltes et Claira. Droits contestés par les soi-disant tenanciers arrosant de Caramany en 1836 (cahier imprimé relié)  (A.D.P.O.  1J715/10)

Depuis 800 ans les habitants d’Estagel arrosent leurs propriétés avec les eaux de l’Agly.

-Le 8 des nones de mars 1103 charte de vente : moi Reymond Ermengaud et Adélaïde ma femme, seigneur de Latour, vendons à St Marie de Lagrasse, pour Estagel l’eau du fleuve qui s’appelle l’Agly.
-Le 2 des ides d’octobre : moi Bernard de Perario et ma femme seigneur de Latour vendons à Estagel les eaux de l’Agly.
-Le 12 des calendes d’octobre 1249, contestation et discussion entre Latour et Estagel au sujet des eaux de l’Agly. Beranger de Perpertuse est désigné comme arbitre et après avoir entendu  dit que Estagel a droit à recevoir l’eau de l’Agly.
-Le jour des calendes de mai 1279 : Guillaume de Masset chevalier seigneur de Latour confesse et reconnaît aux hommes d’Estagel le droit de recevoir l’eau par un canal.
-Le 10 avril 1307 : Philippe régnant en France, le viguier de Fenouillet fit inspecter, lire et publier que les habitants d’Estagel avaient le droit de recevoir les eaux de l’Agly pour arroser leur terres.

la balme

La balme – Latour de France

Le canal de la Balme : créé en 1330 par Bernard-Guillaume de Vivier qui « ouvrit la montagne » pour y faire passer les eaux de l’Agly, il fut aménagé en 1443 par Guillaume de Belcastel. (D’après Recueil d’études sur LA TOUR DE FRANCE, Claude Colomer, Photo C.M.C.)

Canal qui traverse la plaine d’Estagel, et permet d’irriguer les champs et les jardins. Il est de plus en plus remplacé par un arrosage sous pression, plus économique en eau. Mais le canal reste indispensable pour alimenter la nappe phréatique de surface, dans  laquelle est puisée l’eau d’alimentation d’Estagel.

Lire aussi la thèse du Docteur Guiu sur les eaux du bassin de l’Agly, (bibliothèque) et le livre « Moulins et irrigation en Roussillon du IXè au XVè siècle  »  de Sylvie Caucanas  (CNRS éditions)